Honnêtement, le monde de Jérôme Kerviel, le trader qui est accusé d'avoir fait perdre des milliards à la Société Générale, est loin d'être le mien, et sa condamnation par la justice ne m'a pas ému plus que ça, cette créature du capitalisme le plus debridé n'ayant fait que récupérer la monnaie de sa mauvaise pièce.

Sauf que je suis tombé (pas par hasard, vous vous doutez bien) sur le blog de Jean-Luc Mélenchon, et dans son dernier billet, il prend la défense de Jérôme Kerviel. Et c'est lui qui m'a convaincu que la cause était bonne à défendre.

Surprenant, au premier abord, que le chantre de la classe ouvrière se mette à défendre le symbôle du libéralisme économique. Surprenant certes, mais au final pas tant que ça, puisque Jérôme Kerviel sert surtout de bouc-émissaire, de fusible pour la Société Générale. Sa condamnation évite de fait un autre procès, ô combien plus intéressant celui-là, celui de la banque et de tout un système financier qui nous emmène dans le mur. C'est pour cela qu'il faut défendre Jérôme Kerviel, pour qu'enfin les vrais responsables de la crise puissent répondre de leurs actes.