Ce n'est rien que de dire que l'invalidation des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy par le Conseil Constitutionnel est un fait politique majeur. Pour la première fois, la haute assemblée applique enfin la loi, elle qui ne l'avait pas fait en 1995 quand les comptes de campagne de Jacques Chirac auraient dû être invalidés.

C'est un fait important parce qu'il souligne ce que d'aucuns disaient il y a 18 mois de cela : Nicolas Sarkozy s'est servi des moyens de l'Etat pour faire campagne. Dédormais, ce ne sera plus possible. Important aussi, parce qu'il rappelle que la droite est très mauvaise gestionnaire : Nicolas Sarkozy n'a pas su gérer l'argent de sa campagne, quant à Jean-François Copé, il a mis l'UMP au bord de la faillite.

Mais qu'à cela ne tienne, ils n'assument pas. Pour eux, à l'UMP, cette invalidation viendrait confirmer qu'il y aurait un complot contre Nicolas Sarkozy qui viserait à tout faire pour l'empêcher de se représenter. Cela présuppose que les Français voudraient de nouveau de lui, ce qui reste largement à prouver, mais surtout, en ce qui concerne la décision du Conseil Constitutionnel, c'est faire preuve d'une mauvaise foi incommensurable. En effet, il suffit de jeter un coup d'oeil sur la composition de cette assemblée, pour se rendre compte que si complot il y a, il vient de la droite elle-même.

Le Conseil Constitutionnel est composé de trois membres de droit, les trois anciens chef d'état encore en vie : Valérie Giscard d'Estaing, Jacques Chirac, tous les deux pas vraiment de gauche, et donc un certain... Nicolas Sarkozy.

Il y a aussi 3 membres nommés par le président de la République : son président, Jean-Louis Debré, lui-même très marqué à droite,nommé par Jacques Chirac, Nicole Maestracci, la seule à ce jour nommée par François Hollande, et Michel Charasse, certes ancien ministre de François Mitterrand, mais nommé par ... Nicolas Sarkozy.

A leurs côtés, on trouve 3 membres nommés par le président du Sénat : Renaud Denoix de Saint-Marc et Hubert Haenel, nommés par Christian Poncelet, membre de l'UMP, et Nicole Belloubet nommée par l'actuel président socialiste du Sénat.

Enfin, il y a 3 membres nommés par le président de l'Assemblée Nationale : Guy Canivet nommé par Jean-Louis Debré, Jacques Barrot et Claire Bazy-Malaurie nommés par Bernard Accoyer, lui aussi membre de l'UMP.

Bref, on a 2 membres nommés par la gauche, 7 par la droite (dont un ancien ministre socialiste) et trois anciens président tous de droite. C'est clair, c'est forcément un complot ourdi par les socialistes !

PS : pour la liste détaillée et le CV de chacun d'entre eux (à lire, c'est édifiant), c'est ici.