Chypre pourrait bien être l'étincelle qui pourrait allumer le feu populaire qu'une part grandissante d'européens attend avec de plus en plus d'impatience. Ce qui s'est passé sur la petite île méditerranéenne est un véritable cas d'école, une leçon à retenir : à force d'impunité nos eurocrates bas de plafond sont allé trop loin trop fort et ont failli faire la boulette qui aurait fait s'effondrer tout le système financier qu'ils s'évertuent à maintenir depuis maintenant 4 ans.

Que s'ést-il passé à Chypre ? La même chose que partout ailleurs, au Portugal, en Grèce, en Espagne, etc. Les banques chypriotes sont au bord de la faillite parce qu'elles ont financé la dette grecque, ce qui, on s'en doute n'est pas un investissement d'avenir. Ajouter à cela que Chypre est une sorte de paradis fiscal pour nouveaux milliardaires russes, c'est dire que le tableau est vicié. Pour s'en sortir, l'état chypriote a besoin de plusieurs milliards d'euro. Evidemment on fait appel à l'Union Européenne au nom de la solidarité entre états ; et c'est sans surprise qu'ils décident d'appliquer à Chypre les mêmes recettes austériotaires que partout ailleurs. Sauf qu'en plus, ces esprits tordus se disent que Chypre, c'est tout petit, ça n'intéresse personne, autant y aller franco. C'est ce qu'ils font en faisant payer au peuple les erreurs des banques et en faisant les poches des Chypriotes : l'argent placé dans les banques va être directement taxé, jusqu'à 10 % pour les plus grandes sommes. Du jamais vu ! Qui va frapper tout le monde et surtout les plus petits qui une fois de plus deviennent les victimes de la crise.Surtout, c'est illégale, contraire à une directive européenne du 2 juillet 2010 qui prévoit que les Etats doivent garantir les dépôts des épargnants jusqu'à 100 000 euros en cas de défaillance des banques.

Ah ! La bonne idée ! Messieurs les Chypriotes, on veut bien vous aider à sauver notre système pourri, mais vous allez en payer une partie. Et on va se servir directement à la source. Elle est pas simple la vie quand on est coupé du monde dans un beau bureau de Bruxelles, Francfort ou Paris ?

Ben oui, sauf que ça s'est pas passé comme ça ! La colère populaire s'est manifestée et les Chypriotes se sont rués sur les banques pour retirer leur argent. D'un seul coup la faillite est devenu plus que jamais crédible. Mais ce n'est pas tout, devant l'exemple chypriote, toute l'Europe se met à trembler, les cours de bourse des banques s'effondrent, le système vacille. Heureusement, les dirigeants chypriotes, devant la fronde populaire, ont eu le courage que n'ont pas eu les Grecs, les Portugais ou les Espagnols. Ils ont reculé, refusé de voter ce "plan de sauvetage".

Alors évidemment, pour l'instant, ce n'est pas fini, l'île est dans l'impasse, car désormais il va être compliqué de faire avaler n'importe quoi au peuple, tant le rejet des élites politiques et européennes est devenu fort. Mais le plus grave pour l'Union Européenne dans tout cela, c'est le message envoyé aux autres européens, et il est sûr qu'ils l'auront bien compris : l'Union Européenne ne nous protège pas, elle est même capable des pires trahisons pour sauver son système. Il ne fait aucun doute que cette déflagration là aura des conséquences bien au-delà de Nicosie, surtout si aucun plan de sauvetage viable n'est trouvé.