La Transparence ! C'est le nouveau truc à la mode, le nouvel avatar censé nous faire oublier les péripéties de l'affaire Cahuzac. Désormais, les élus sont priés de montrer patte blanche et de déclarer patte blanche. Pourquoi pas ! Mais dans la mesure où ces déclarations ne sont pas soumises à contrôle, quelle valeur ont-elles ? Et puis de toutes façons quelle importance cela peut-il bien avoir que de savoir que nous élus sont riches ou pas ? Est-ce la grosseur de leur portefeuille qui fait la qualité de leurs décisions ? Bérégovoy était cheminot à la base, il n'en a pas moins été un des chantres les plus assidus du Franc fort, de la lutte contre l'inflation et donc des politiques libérales qui en découlent. Si le patrimoine des élus était le nerf de la crise politique actuelle, voilà longtemps que celle-ci aurait été résolue.

Or, où est le vrai le scandale dans l'affaire Cahuzac ? Il provient du fait que c'est celui qui était chargé d'administrer des augmentations d'impôts, des coupes budgétaires drastiques aux Français, celui-la même donc, qui planquait son argent en Suisse. A la suite de l'affaire Cahuzac les Français comprennent enfin que l'évasion fiscale est massive et que les plus riches seront donc ainsi exonérés des efforts qu'ont leur demande. Il devient évident que l'argent nécessaire pour maintenir leur train de vie, pour garantir le fonctionnement de leurs services publics, cet argent là existe. Pour une part croissante de nos concitoyens, il devient de plus en plus flagrant que les efforts qu'on leur demande sont injustes et inutiles.

Ainsi, la transparence nouvelle, bien que bienvenue, ne changera rien au problème. Ni les quelques mesurettes que l'on nous promet dans les semaines à venir. François Hollande avait promis de faire de la finance son adversaire principal. Il a en grande partie été élu pour cela. Or depuis 11 mois qu'il est au pouvoir, les Français constate que toutes les promesses sont revues à la baisse quand elles ne sont pas abandonnées Ils s'aperçoivent aussi que loin de s'en prendre aux puissants et aux plus riches, le gouvernement est à leur écoute et les ménage bien plus qu'il ne défend les ouvriers et employés, les classes populaires qui pourtant l'ont élu.

La solution à la crise, il n'y en a qu'une et une seule. Elle passe par un changement radical de politique, la fin de l'austérité et de la rigueur budgètaire, et la réalisation enfin des promesses tant attendues.