La question du droit de vote des étrangers aux élections municipales fait partie du débat politique, depuis au moins 30 ans, depuis qu'elle fut une promesse du candidat Mitterrand. En l'inscrivant dans son programme, François Hollande a relancé le débat ; et la droite monte au créneau, surfant sur une opinion publique qu'elle sait pour le moins rétive sur ce sujet.

Mais qu'il y ait débat n'est pas un problème, c'est sain dans une démocratie que les opinions se confrontent. Le problème vient des arguments entendus chez certains ténors de la droite ; donner le droit de vote aux étrangers favoriserait le communautarisme ! Encore une façon insidieuse de récupérer et d'alimenter la vague anti-islam qui traverse une partie de la société.

Pourtant, cet argument ne tient pas la route. La preuve avec ce qui se passe en Irlande. Ce pays, le plus catholique d'Europe, dirigé presque toujours par la droite depuis son indépendance, ce pays donc, a donné le droit de vote aux étrangers aux élections municipales en 1963. Et qu'a-t-on constaté ? Une montée des communautarisme ? Non, évidemment, et l'Irlande est l'un des rares pays à ne pas avoir d'extrême-droite.

Mais ce n'est pas tout, parce que ne disent pas les dirigeants de la droite, mais peut-être l'ignorent-ils, c'est que le droit de vote aux étrangers a déjà figuré dans une constitution française. Dans celle du 24 juin 1793, qui malheureusement ne fut jamais appliquée. Il y était clairement énoncé que la citoyenneté serait accordée " à tout étranger qui, domicilié en France depuis une année, y vit de son travail, ou acquiert une propriété, ou épouse une Française, ou adopte un enfant, ou nourrit un vieillard, tout étranger enfin qui sera jugé par le corps législatif avoir bien mérité de l'humanité". (source ici)

Bref, par rapport aux Révolutionnaires, la droite française a juste 200 ans de retard. 219 exactement !