Cela fait des années, depuis le début des années 90 environ, que l'idée est dans l'air : créer une vaste zone de libre-échange entre l'Europe et les Etats-Unis. Un peu abandonné ces derniers temps, Barak Obama a relancé le projet en proposant d'entamer des discussions. Jusqu'ici, une des raisons du blocage venait de la France, qui de Chirac à Sarkozy s'était toujours opposée à cette zone. Il faut probablement voir dans cette position un reste de Gaullisme, pour le moins surprenant en ce qui concerne Sarkozy, mais tout à son honneur.

C'est un président de gauche qui vient de donner une réelle crédibilité à cette idée en acceptant de faciliter le lancement des négociations avec Washington, même si la France se donne jusqu'au 1er mars pour consulter les principaux acteurs économiques du pays et donner ainsi sa réponse définitif. Le premier pas en avant de François Hollande ne laisse aucun doute quant à sa décision finale.

Evidemment, l'objectif de créer une zone de libre-échange américano-européenne a pour but de faire à la montée des pays émergent, les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Inde). Mais cette zone, telle qu'on nous l'annonce pour l'instant sera comme pour l'Union Européenne, d'abord une zone économique, de libre circulation des marchandises. Les citoyens en seront encore les principaux oubliés, au profit des marchands. Sans compter que s'allier avec les Etats-Unis me paraît difficilement compatible avec certaines valeurs humanistes qui sont encore tant bien que mal les nôtres.

Est-ce nous sommes d'accord pour que les produits OGM circulent partout comme les autres produits ? Est-ce que nous sommes d'accord pour considérer que la culture soit un produit comme les autres et mettre ainsi à mal le cinéma d'auteur français, et le réseau de librairies qui est encore le nôtre ? Est-il prudent de s'allier avec un pays qui pratique l'agriculture intensive de façon quasi systématique alors même que celle-ci est critiquée et remise en cause chez nous ?

S'il s'agit de supprimer les frontières, je suis pour, mille fois pour ! Mais qu'on commence par laisser les humains circuler librement, les marchandises on verra plus tard !