C'est le mot d'ordre médiatique que l'on entend un peu partout : la stratégie de Mélenchon ne fonctionne pas. Son côté agressif rebuterait les gens, pire il serait même du pain bénit pour le Front National ! Sur quoi appuient-ils leurs propos ces cassandres ? Mais sur la législative partielle de Beauvais, pardi ! La désormais fameuse législative de Beauvais qui sert d'alpha et d'oméga à toute analyse politique pour les médiacrates. Ce fameux scrutin où la candidate FN qualifiée pour le second à frôler l'élection d'un rien.

C'est donc un scrutin local, qui leur sert de référence nationale. Un scrutin où 65 % des électeurs ont voté avec leurs pieds et où la droite, ultra dominatrice dans la région, n'avait trouvé d'autre candidat qu'un tocard aux multiples casseroles judiciaires.  Au regard des résultats la méthode Mélenchon était donc improductive puisque le candidat Front de gauche ne réalisait que 6 % alors même que la candidate frontiste progressait de 3 point à 26 %. C'était oublier que le candidat soutenu par le Front de gauche était lui aussi en progression, certes moindre, d'1 %, mais en progrès tout de même, et le seul à gauche dans ce cas. Mieux, c'était faire fi que cette progression atteignait presque 5 % dans la seule zone urbaine de la circonscription, celle de Beauvais. Qu'à cela ne tienne, là où les chiffres indiquent que le Front de gauche au pire maintient ses positions, au pire les consolide, les éditocrates de la pensée unique ont conclu au rejet du Front de gauche et de son porte-parole, oubliant au passage que le FN est une marque familiale déposée vieille de plus de 40 ans, alors même que le Front de Gauche n'a que 4 années et n'est pas encore complètement identifié des Français, particulièrement dans les zones rurales.

Mais devant la persistance de Jean-Luc Mélenchon à dénoncer les "nouveaux chiens de garde du système" (voir le film et surtout lire le livre de Serge Halimi dont il est issu), il fallait de nouvelles preuves. Miracle ! Elles sont arrivées grâce à deux sondages qui sont opportunément bien tombés. Et qui disent-elles ses enquêtes "référentielles" ? Que si la présidentielle avait lieu aujourd'hui avec les mêmes candidats qu'en 2012, François Hollande s'effondrait au profit de Nicolas Sarkozy et de Marine Le Pen. Diantre ! Que l'actuel président pâtisse de sa politique, on veut bien le croire. Que Mme Le Pen soit en progression, rien d'étonnant non plus, elle qui est invitée avec mousse et pampre sur tous les plateaux de télévision, à qui on fait des courbettes alors que dans la même situation les "journalistes" n'ont pas de mots assez durs pour s'affronter avec Jean-Luc Mélenchon. J'exagère ? Un petit visionnage de cette vidéo comparant la façon dont Patrick Cohen se comporte envers les deux politiques reçus avec 24 heures d'intervalle s'impose donc :

 Pourtant, les mêmes sondages indiquent que le score de Mr Mélenchon ne baisserait pas. Il progresserait même d'un point. Ce qui, compte tenu du traitement médiatique qui lui est fait ressort quand même du miracle. Traitement médiatique indigeste ? Non ? Là encore j'exagérerais ? Mais alors comment expliquer alors que le journal Le Monde, l'un des principaux chiens de garde, un de ceux qui fait de l'anti-mélenchonisme une politique éditoriale, publie sur son site (et peut-être dans l'édition papier que je ne lis pas), un portrait de Jean-Luc Mélenchon au vitriol, entièrement à charge, à trois jours d'une mobilisation qui s'annonce conséquente, qui peut croire au hasard.

Jean-Luc Mélenchon n'est pas populaire, contrairement à Mme Le Pen, son discours à lui, trop agressif ne passe pas chez les Français, il repousse, il rebute les classes populaires auxquelles il s'adresse. Vous êtres priés de le croire puisqu'on vous le dit, puisque les sondages le prouvent. Comment expliquent-ils alors, ces faiseurs d'opinion, que lors de son passage dans l'émission populaire de Laurent Ruquier, il est battu un record d'audience. Qu'il ait récidivé quelques jours plus tard lors de l'émission politique de David Pujadas, faisant au passage beaucoup plus d'audience que Mme Le Pen ? Parce que les Français veulent du spectacle ? Peut-être, mais ils écoutent aussi ce que dis Mélenchon, et ses idées se diffusent. Massivement ! 3 millions de téléspectateurs pour une émission politique hors élection, c'est beaucoup, surtout pour quelqu'un dont on nous bassine que le message ne passe pas.

Comment expliquent-ils alors que son blog batte des records de fréquentation et que l'on y lise des commentaires par centaines, tous plus constructifs les uns que les autres ? Comment expliquent-ils que le soir du 1er mai, invité par les forains pour lancer la Foire du trône (lesquels forains ne sont pas connus pour être gauchisant), et qu'il y reçoit un accueil populaire incroyable ?

Ils ne l'expliquent pas, parce que ces gens là ne sont plus dans l'information, mais dans l'idéologie, dans la défense d'un système de classe, système que Mme Le Pen protège, et que le Front de gauche et Mélenchon, eux, combattent. Alors à tous ces mécréants, à tous ces gratte-papiers, il n'y a qu'une seule réponse possible à donner : être le plus nombreux possible le 5 mai à Bastille !