En ces temps d'intempéries hivernales tardives et de comedia dell'arte au Vatican, il est des nouvelles importantes qui passent un peu inaperçues ; et en l'occurrence c'est un peu dommage, parce que pour une fois, il y en avait une bonne de nouvelle. Eh oui ! Pour la première fois les parlementaires européens ont à une imposante majorité, opposé leur veto au premier budget européen en baisse. Gauche et droite confondus dans un même vote, il faut le noter pour une fois. En soi ce n'est pas une bonne nouvelle, mais trois bonnes nouvelles.

La première est que ce budget, imposé par la Grande-Bretagne et l'Allemagne, Pépére étant encore une fois aux pâquerettes (Pépére, c'est François Hollande, c'est comme ça que l'appelle Mélenchon sur son blog, j'aime bien, ça lui va bien et c'est drôle ! ), est une aberration économique et sociale. Non, seulement c'est la première fois que le budget de l'Union européenne est revu à la baisse, alors même que les prérogatives de l'Union sont de plus en plus importantes, mais en plus cela se fait dans une période de crise aigüe, où jamais les besoins sociaux n'ont été aussi importants, ou jamais le besoin d'une relance économique par des investissements importants, lesquelles ne peuvent venir que de l'Europe, ne s'est fait aussi pressant. Le rejet de ce budget est une bonne chose pour l'Europe.

La seconde est que les parlementaires européens se sont rebellés. Ils nous donne ainsi la preuve que les politiques austèritaires qui nous sont imposées un peu partout en Europe, le sont à marche forcée, par la simple volonté de quelques-uns seulement. Le signe politique envoyé à Strasbourg est fort : une autre Europe, solidaire, au service des peuples, est souhaitée par de plus en plus de dirigeants et de politiques.

La troisième, et c'est à mes yeux la principale, c'est que l'Europe entière vient de découvrir que le Parlement européen de Strasbourg pouvait servir à quelque chose. Ce week-end, la démocratie européenne a fait un pas, petit certes, mais tellement important. Que le Parlement européen gagne en visibilité et en prérogatives, c'est à mon sens la seule voix possible pour s'opposer à la dictature libérale et à la montée des fascismes un peu partout sur le continent.

Le Paradoxe dans tout cela vient du fait que nouveau roit donné aux parlementaires était inscrit dans le traité de Lisbonne, traité d'inspiration hautement libérale que beaucoup à gauche (dont moi) ont combattu et dénoncé. Comme quoi, si c'est dans les détails que le diable peut se loger, l'inverse est parfois vrai aussi.