C'était il y a deux ans à peine ! Un peu partout dans le monde arabe, les peuples se sont soulevés, renversant les dictateurs en place. Partout le souffle de la liberté, l'espoir étaient immenses. Pourtant, à chaque fois, cet espoir est vite retombé, les partis islamistes ont remporté les élections qui ont suivi, imposé des lois, des constitutions parfois, leur donnant les pleins pouvoirs, renvoyé les femmes dans leurs foyers, remisé les espérances de liberté.

Parmi tous les pays qui ont connu des soubresauts, la Tunisie et l'Egypte sont ceux qui ont sont allé le plus loin dans le processus. Le pire est même à craindre quant au voit comment le pouvoir a réprimé la contestation ces derniers jours en Egypte, et surtout qu'en Tunisie, ce sont désormais les leaders de l'opposition que l'on assassine. Tout cela peut donc faire peur certes, mais dans le même temps, on peut aussi y voir des signes d'espoir.

Le signe, tout d'abord que face à la persistance d'une opposition résolue, les dirigeants islamistes sont aux abois, qu'ils n'ont plus que la violence comme instrument de persuasion. Le signe ensuite que l'immense espoir qui s'est levé fin 2010 début 2011 n'est pas retombé. La soif de liberté, d'expression, touche certes essentiellement les villes, les classes moyennes, les étudiants, mais cette soif ne s'est pas calmée, bien au contraire. Malgré les morts les jeunes continuent à défier le pouvoir en Egypte et en Tunisie la mort d'un leader de l'opposition a fait se déplacer spontanément des milliers de personnes dans tout le pays. Le signe enfin, que quoi qu'il arrive, aucun pouvoir quel qu'il soit ne pourra faire sans la rue. Et rien que cela, c'est déjà immense !