Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'en censurant la taxe de 75 % pour les revenus supérieurs à 1 million d'euros, le Conseil Constitutionnel n'a pas franchement amélioré l'image du gouvernement. Rappelons cependant au passage que ledit Conseil penche fortement à droite, avec trois anciens présidents issus de la droite, un président lui-même ancien ministre de Jacques Chirac, et des membres tous ou presque nommés par la droite ; bref, il n'est pas interdit de penser que chacune de ses décisions peut avoir un arrière-goût politique. Qu'à cela ne tienne cependant, parce qu'il faut quand même bien reconnaître que cette censure-là était facilement évitable en appliquant la taxe au niveau des foyers fiscaux et non plus au niveau des individus, comme c'est la règle habituellement.

Impression d'amateurisme flagrante donc, et qui est fortement dommageable pour le gouvernement. D'abord parce que cela intervient dans un moment où il n'est pas au mieux dans l'opinion ; ensuite, et surtout, parce que cela masque l'essentiel, c'est à dire la validation du budget, qui est certes très loin d'être la panacée (je le dis assez souvent sur ces pages), mais qui a au moins le mérite d'être un début de rattrapage des 5 années d'horreur fiscale que vient de nous infliger la droite.

La droite ! Parlons-en justement. La presse française, comme un seul homme, se jette sur le gouvernement, parlant de camouflet, de mascarade, et met en regard de cela des leaders de droite qui jubilent. Il est pourtant bien regrettable que personne ne s'interroge sur les raisons profondes qui ont poussé l'UMP à saisir le Conseil Constitutionnel. Elles sont pourtant claires : défendre les plus fortuné, maintenir en place un système fiscal injuste et inique. Ce n'est pas un hasard si ceux qui aujourd'hui se réjouissent de la décision du Conseil Constitutionnel sont les mêmes qui pendant presque 4 ans ont défendu un bouclier fiscal détesté par une majeure partie de l'opinion mais qui n'avait pour but que de défendre ceux qui ont déjà beaucoup. C'est au nom d'une vision inéquitable et profondément injuste (martelons-le ce mot, c'est le bon !) que la droite a combattu la mesure des 75 %.

Tout est alors question de choix. A titre personnel, je préfère encore cette gauche amateur-là (même si vous le savez bien vous qui me lisez régulièrement, j'en appelle une autre de mes voeux) à cette droite injuste, inique et immorale.