Attention ! Pas de méprise, je ne suis pas devenu fan de Borloo, je ne suis pas passé du côté obscur de la force, c'est à dire le droit, en un week-end. Non, non, rien de cela évidemment, mais la renaissance de l'UDF, pardon, la naissance de l'UDI, l'Union des Démocrates et des Indépendants fait partie de ces moments importants dans la vie politique d'un pays. J'irai même jusqu'à dire que pour les personnes qui comme moi sont attachées à la démocratie, aux valeurs de tolérance prônées par ce pays et à qui la montée de l'extrême-droite fait peur, la création de l'UDI est une bonne nouvelle.

C'est une bonne nouvelle, parce qu'à l'heure où l'on ne voit plus très bien ce qui dans les discours distingue l'UMP du FN, il est salvateur de voir qu'une partie de la droite ne se reconnaît pas dans cette dérive et continue à revendiquer ses valeurs d'humanisme et d'égalité. Je dis droite pour qualifier le nouveau parti de Jean-Louis Borloo, parce qu'en France comme ailleurs le centre est de droite.

Oui, il y a de plus en plus de passerelles idéologiques entre UMP et FN, oui, sur le terrain nombreux sont ceux qui sont prêts à passer des accords. C'est pourquoi il était important de réagir, de montrer que cette partie là de droite, intolérante et réactionnaire a toujours été à contre-courant de l'histoire. Il était important de montrer qu'il existe également à droite une part importante de citoyens pour lesquels l'immigration et l'insécurité ne suffisent à constituer une politique, à créer une vision de l'avenir de ce pays.

Si l'arrivée de l'UDI est une bonne chose pour ce pays, elle l'est aussi pour le parti socialiste, puisque désormais c'est le retour de la division à droite ; celle-là même qui lui a coûté si cher pendant des décennies. C'est aussi la création d'un pôle sur la gauche de l'UMP, un pôle qui pourrait enfin contrecarrer un peu ce glissement permanent sur la droite de l'échiquier politique.