C'était il y a un peu plus d'un mois, je décidai de mettre fin à mon blog, Rêver de nouveau après cinq années. Lassitude, manque de temps, coup de blues post-électoral, bref, les causes classiques et habituelles. Sauf que voila, dès les premiers jours, je me suis aperçu que cela me manquait terriblement. A chaque évènement d'actualité qui m'interessait, j'avais gardé cette habitude qui consistait à penser automatiquement au billet que je pourrais faire. Et plus les jours ont passé, plus ce manque s'est fait présent. Pas question pour autant de réactiver le blog : ce qui est fini est fini !

Alors, Quoi ? Ben tout simplement, on repart de zéro, mais avec une nouvelle formule plus simple, plus allégée : désormais, il n'y aura qu'un seul billet, si possible chaque semaine, sous forme de journal hebdomadaire. Le contenu, vous vous en doutez, sera principalement axé sur la politique (on ne se refait pas ! ). Bon allez, trêve de blabla, "La semaine de Leunamme" est lancée, j'espére qu'elle vous plaira.

 

LUNDI 3 SEPTEMBRE 2012 :


 - Ca y est, nous venons de repasser officiellement la barre des 3 millions de chômeurs. C'est du moins ce que le ministre de l'économie et le Premier Ministre ont annoncé avec gravité. Une telle dramatisation soudaine de la situation n'augure rien de bon. Depuis presque 40 ans chaque remise en cause des acquis sociaux, chaque recul a toujours trouvé sa justification dans la hausse du chômage. Nous sommes donc prévenus ! Le chômage est un prétexte d'autant plus utile pour les libéraux de droite comme de gauche, qu'il n'est pas le vrai problème qui ronge notre société. La vraie plaie, c'est la précarité ! Ainsi, au nom de la lutte contre le chômage, on se retrouve avec une multiplication des temps partiels, emplois mal payés ou autres. Or, comme c'est curieux, on ne mesure jamais la précarité ! 

- Mais où est donc passée Marine Le Pen ? Pendant toute l'année qui précédé l'élection présidentielle, elle était partout, sur toutes les antennes, chacun de ses déclarations était commentée, disséquée, etc. Elle a même, avec l'aide des médias complaisants, essayé de nous faire croire qu'elle avait un programme économique. Il fallait à tout prix qu'elle fasse un bon score, car pour le système, quitte à avoir une extrême, autant qu'elle soit de droite, au moins elle n'est pas dangereuse. Bizarrement, depuis la fin des législatives, plus rien ! Mme Le Pen a disparu ! Pourtant, entre les dangers que représentent le traité européen, entre les plans sociaux injustes de toutes sortes, il y avait du grain à moudre pour celle qui abusivement se revendique comme la représentante du monde ouvrier. Mme Le Pen se tait parce qu'elle n'a rien à dire sur ce qui préoccupe vraiment les Français. C'est Jean-Luc Mélenchon qui a raison : elle ne sert à rien !

MARDI 4 SEPTEMBRE 2012 :

- En ce jour de rentrée des classes, il y a un chiffre qui a heurté mes oreilles ce matin, c'est celui du classement de la France pour le taux d'encadrement scolaire au sein de l'OCDE (ici). Nous somme bons derniers. Le taux d'encadrement scolaire, c'est le nombre d'enfants par adultes dans les établissements scolaires. Ce chiffre est à rapprocher d'un autre, celui du nombre de personnes en prison qui n'a jamais été aussi élevé (là). Il est terrible de constater que 150 ans après, la phrase de Victor Hugo "Quand vous ouvrez une école, vous fermez une prison" est encore  d'actualité !

- Comme un fait exprés, pour me faire mentir, Marine Le Pen a fait sa rentrée ce matin sur RMC. Enfin, rentrée, c'est un bien grand mot, parce qu'en principe, ce qu'on attend d'un politique après deux mois de silence, c'est qu'il ait des choses à dire, surtout en ce moment ! Ben non, finalement, la fille de Jean-Marie Le Pen n'avait pas grand-chose à dire. On avait presque l'impression qu'elle était venue là, à RMC, parce que la lumière était allumée et qu'elle buvait un petit café tranquillement avec Jean-Jacques Bourdin (bon interviewer au demeurant), bref, c'était pépère. Ah ! Si quand même ! On a eu droit à une annonce  : le FN prépare une action coup de poing contre le traité européen. Quand ? Quoi ? Elle ne sait pas encore mais elle y réfléchit. Ça fait un peu faiblard pour quelqu'un qui se revendique comme la porte-parole de lma classe ouvrière. Ami ouvrier qui se serait malencontreusement égaré le 22 avril dernier, si tu cherches quelqu'un pour te défendre efficacement, à l'évidence, il n'est pas au FN. Pourtant, il y en a qui se mouillent vraiment la chemise pour toi : la preuve ici. En tout cas, je suis rassuré, même après cette interview matinale, ce que j'ai écrit Lundi est toujours valable.

MERCREDI 5 SEPTEMBRE 2012 :

- Intéressantes élections québécoises ! Dans un contexte de forte contestation étudiante, dans le droit fil des mouvements "Indignés" européens, les Québécois ont choisi de pousser les libéraux au pouvoir vers la porte de sortie. Certes, c'est un parti indépendantiste qui devrait prendre le pouvoir, au sorte de gauche un peu pâle dont à mon avis il ne faaut pas attendre grand chose, mais ce qui interpelle, c'est le score de "Québec Solidaire", l'équivalent du Front de gauche. Avec plus de 6 %, ce parti réussi une percée significative, avec des scores impressionnants dans les quartiers populaires des grandes villes. Ce résultat est à mettre en parallèle avec ce qui est en train de se passer aux Pays-Bas. Alors que les élections auront lieu le week-end prochain, le Front de gauche local, un temps donné en tête des sondages, devrait tout de même réaliser un score significatif, au-delà des 20 %. Et ces deux pays ne sont pas des cas isolés, ils font écho à ce qui s'est passé en Gréce, en Espagne, en France, au Portugal, où à chaque fois une gauche radicale, une gauche de combat réussit à modifier la donne. Plus de 20 ans après la chute de l'URSS, la soif d'égalité est toujours là un peu partout dans le monde. Les capitalistes de tous poils n'en ont donc pas fini avec ceux qui espérent encore et toujours en un monde plus juste.

JEUDI 6 SEPTEMBRE 2012 :

- Ce n'est pas que je sois un grand fan de l'actuel président, mais je trouve que le procès qui lui est sur son inaction et sa supposée incompétence est assez nauséabond. Que cela soit véhiculé par les dirigeants de la droite n'a rien de surprenant en soi. Ce qui l'est plus, c'est que du "Nouvel observateur" en passant par "Marianne" ou "L'Express", la presque totalité des news magazines s'en fasse. Curieuse posture pour le moins car ce qui est reproché à François Hollande l'est essentiellement par comparaison avec Nicolas Sarkozy. C'est donc par ricochet, l'activisme outrancier de l'ancien locataire de l'Elysée qui est revalorisé. Dieu que ces gens ont la mémoire courte. Ont-ils oubliés que malgré les gesticulations internationales, la France a été la risée du monde entier pendant les révolutions tunisiennes ou égyptiennes ? Ont-ils oubliés que la technique qui consiste à légiféré à chaque fait divers ou presque a abouti à un embouteillage législatif tel que la plupart des lois votées sous Sarkozy n'ont pas encore de décret d'application et n'en n'auront jamais ? Et que ces mêmes lois ont été si rapidement et si mal ficelées que beaucoup ont été retoquées par le Conseil Constitutionnel ? Ont-ils oubliés enfin que le désamour envers Nicolas Sarkozy est en grande partie dû à cette frénésie et a cette omniprésence ? Alors certes, François Hollande consulte, négocie avance à petits pas, mais au moins sur la forme, c'est plus démocratique et plus égalitaire.

 VENDREDI 7 SEPTEMBRE 2012 :  


- Le gouvernement a visiblement décidé de mettre le paquet dans la lutte contre l'insécurité à Marseille. Il paraîtrait que la République y est en danger, d'où les renforts policiers conséquents dans une ville qui est pourtant l'une des mieux pourvues en France. Plus de policiers, plus de moyens donc, puisque la République a pour devoir d'assurer la sécurité de ses citoyens. C'est très bien, certes, mais dans ce cas, quid des autres obligations républicaines ? Qu'en est-il du droit au logement pour tous, de l'accès au travail pour tous, du droit à l'éducation, à la culture pour tous ? Qu'en est-il des luttes contre les discriminations diverses et variées ? Et si l'Etat Français remplissait aussi ces obligations là, la Republique serait-elle toujours en danger à Marseille ? La politique sécuritaire n'est-elle pas l'arbre qui permet de cacher toutes les faillites de l'Etat ?

SAMEDI 8 SEPTEMBRE 2012 :

- Bernard Arnault, le PDG de LVMH, la première fortune de France, la quatrième mondiale, veut prendre la nationalité belge, non pas pour des raisons fiscales évidemment, mais parce que cela faciliterait ses affaires. Ben tiens ! Pourquoi la nationalité belge ? Peut-être parce qu'elle permet de s'installer à Monaco et d'y bénéficier des largesses de la principauté en ce qui concerne les impôts, ce que ne permet pas la nationalité française. Mais puisqu'on vous dit que cela n'a rien à voir avec la fiscalité... Quoique le plus choquant dans tout cela, ce ne sont pas les propos de Mr Arnault, mais ce sont peut-être les invectives que s'envoient à la figure le PS et l'UMP. A droite, on estime bien sûr que la position de Bernard Arnault est symptomatique de la politique socialiste qui obligerait les patrons à s'exiler fiscalement. Or, selon les caciques de l'UMP, il faut garder les patrons en France, parce qu'ils créent de l'emploi. Il n'y a qu'à demander aux salariés de Continental, Peugeot, Renault, Schneider electrics, Amora, Saupiquet , et j'en passe, dont les entreprises ont massivement délocalisé à l'étranger ces dernières années, ce qu'ils pensent de la capacité des patrons français à conserver l'emploi en France. Quant aux socialistes, le seul argument qu'ils ont à opposer à Bernard Arnault est celui du patriotisme dont il manquerait singulièrement. Diantre ! Mais si eux même étaient si patriotes ils devraient commencer par mener une politique qui le soit et qui obligerait les exilés fiscaux à payer à l'Etat français la différence d'impôt d'avec leur nouvelle patrie d'adoption. Nul doute que l'on verrait alors le patriotisme fortement remonter chez les patrons.